jeudi 16 décembre 2021

présence

(→ dans la tempête qui nous porte, p. 60; → noce, p. 27)

    Sous le poème présence, que peut bien signifier la note de bas de page quelque peu énigmatique « avec des échos de Clair de lune de Paul Verlaine » ?

    Voici d’abord ce poème de Verlaine :
 
«                       Clair de lune

       Votre âme est un paysage choisi
       Que vont charmant masques et bergamasques
       Jouant du luth et dansant et quasi
       Tristes sous leurs déguisements fantasques.

       Tout en chantant sur le mode mineur
       Lamour vainqueur et la vie opportune
       Ils nont pas lair de croire à leur bonheur
       Et leur chanson se mêle au clair de lune,

       Au calme clair de lune triste et beau,
       Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres
       Et sangloter dextase les jets deau,
       Les grands jets deau sveltes parmi les marbres.     »

    Or on peut remarquer que les huit vers de mon poème présence commencent par les mots des cinquième et sixième vers du poème de Verlaine :

«     Tout comme la cigale montre sa présence
       en chantant dans l’air bleu sa note de métal
       sur le mode […]
       mineur […]

       L’amour […]
       vainqueur […]
       et la vie […]
       opportune […]     »


   
Ce sont là les « échos» dont parle la note. 
    Mais pourquoi imbriquer les mots de ces deux vers dans un poème ? Pour le plaisir de construire sur une base existante, un peu comme dans un acrostiche¹, mais ici à partir de mots plutôt que de lettres. Et pourquoi ces deux vers en particulier ? Hé ! chanter « Lamour vainqueur et la vie opportune », quelle passionnante perspective !


1  –  acrostiche : poème ou strophe où les initiales des vers forment un ou plusieurs mots

Aucun commentaire: