| construction géométrique du début de la suite de Fibonacci (les nombres correspondent aux longueurs des côtés des carrés) |
autour de mes textes
par Jérôme Garant ✒
mardi 8 septembre 2026
un fib ? c’est quoi ça ?
jeudi 27 août 2026
berceuse
dimanche 23 août 2026
le marché du travail
(pour cévé → dans la tempête qui nous porte, p. 56‑57; → noce, p. 22‑23)
(pour maudit’ job plat’ → dans la tempête qui nous porte, p. 18‑21; → cinq poèmes à dire, p. 14‑15, 24‑25)
| photographie de Antoni Shkraba modifiée (source : Pexels) |
Sa créativité étant bien sûr à la merci des vents changeants de sa vie personnelle, il peut pondre à l’occasion un texte inspiré de ces expériences. Pourquoi pas ? Trois de mes textes tournent ainsi autour du thème du marché du travail. L’incipit et les titres sont plutôt clairs mais ajoutons quelques détails :
Avec maudit’ job plat’ on s’en doute, c’est le désenchantement, l’écœurite totale. Le poème est composé de cinq septains en octosyllabes. La structure des rimes est proche de celle des strophes royales³ (que je ne connaissais pas quand j’ai écrit le poème). À remarquer, les rimes de la première strophe reviennent dans la dernière – ainsi on boucle la boucle – et le refrain (les deux vers finaux de chaque strophe) est un peu modifié à la toute fin – on conclut. Pour plus de détails sur la structure strophique du poème maudit’ job plat’, cliquez ici.
Évidemment ceux qui ont en main mes recueils pourront consulter les textes mentionnés et saisir plus concrètement ces propos.
2 – strophes dont le nombre de vers par strophe est égal au nombre de syllabes par vers, ici des strophes de huit vers de huit syllabes (sauf la dernière strophe)
3 – une strophe royale est un septain, généralement de décasyllabes, dont les rimes ont la structure ABABBCC; quant à mon texte, il est composé de septains d’octosyllabes dont les rimes présentent une structure très proche ABABACC (strophes 2, 3 et 4) ou ABABABB (strophes 1 et 5)
lundi 10 août 2026
au creux d’un vieil arbre (3)
dimanche 9 août 2026
chiens, merles et grillons…
| © Sébastien Garant |
mardi 4 août 2026
nymphe
photographie
de Lê Đức Khánh |
lundi 3 août 2026
le p’tit prince
| le renard, par Antoine de Saint-Exupéry |
— deux quatrains à rimes embrassées,— un douzain à rimes suivies,— un distique,— deux sixains à rimes suivies puis à rimes croisées
dimanche 2 août 2026
La Tour de Babel
vendredi 4 octobre 2024
tempête
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| Snow Storm - Steamboat off a Harbour's Mouth (Tempête de neige - Bateau à vapeur au large de l'embouchure d'un port) par William Turner |
jeudi 16 mai 2024
confitures
confitures
nous confirons d’ardents secretsdans le sucre et le miel dorépour les garder […]
![]() |
| photographie de Pixabay modifiée (source : Pexels) |
vendredi 26 avril 2024
journée du poème à porter
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| photographie de Pixabay modifiée (source : Pexels) |
« La Journée du poème à porter, c’est l’occasion de propager la poésie, d’affirmer fièrement son amour de la poésie, de faire en sorte qu’elle soit partout, qu’elle aille à la rencontre de gens pour qui la poésie ne fait pas nécessairement partie du quotidien. »
Il existe plusieurs façon de le faire. Je vous en suggère une : choisissez un poème que vous aimez particulièrement et apprenez-le par cœur, lisez-le cinquante fois à haute voix s’il le faut, assimilez-le, sachez-le, intimement, sachez-le à tel point qu'il devienne comme vos propres mots, votre propre voix, que vous portez en vous, puis quand l'occasion se présente, dites-le à quelqu’un, dites-le spontanément, dites-le comme si vous le disiez pour la première fois, comme s'il naissait sur vos lèvres.
mercredi 4 octobre 2023
au creux d’un vieil arbre (2)
Je retourne parfois voir le vieil arbre dont je parle dans un précédent article et au creux duquel s'épanouissait un étonnant microcosme. Voici donc à gauche une photographie récente, prise au même endroit plus d'un an après la première. Bien sûr, les saisons ont passé et l'hiver a balayé ces éphémères existences, mais de nouvelles ont vu le jour, se sont développées, en un nouveau fragile poème… Eh oui, la vie continue.
lundi 7 août 2023
récital de poésie (2)
![]() |
| Un cadavre exquis par Valentine Hugo, André Breton, Tristan Tzara et Greta Knutson |
mardi 25 juillet 2023
récital de poésie (1)
Hier en fin de journée, le café La Mosaïque à Lévis accueillait un récital de poésie organisé par le Projet Orpheüs. Ce furent deux heures très agréables. Les nombreux poètes présents ont fait entendre leurs voix à travers une belle variété de textes et nous avons aussi eu droit à une chanson. J’ai moi-même dit quelques-uns de mes poèmes, ainsi que À un vieil arbre de Pamphile Le May (qu’on peut lire dans l’article au creux d'un vieil arbre (1)) et La mort des amants de Charles Baudelaire, que voici :
« La mort des amants
Nous aurons des lits pleins d’odeurs légères,
Des divans profonds comme des tombeaux,
Et d’étranges fleurs sur des étagères,
Écloses pour nous sous des cieux plus beaux.
Usant à l’envi leurs chaleurs dernières,
Nos deux cœurs seront deux vastes flambeaux,
Qui réfléchiront leurs doubles lumières
Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.
Un soir fait de rose et de bleu mystique,
Nous échangerons un éclair unique,
Comme un long sanglot, tout chargé d’adieux ;
Et plus tard un Ange entr’ouvrant les portes
Viendra ranimer, fidèle et joyeux,
Les miroirs ternis et les flammes mortes. »
![]() |
| Der Kuss (Le baiser) par Gustav Klimt |
samedi 3 septembre 2022
au creux d’un vieil arbre (1)
« To see a World in a Grain of Sand
And a Heaven in a Wild Flower,
Hold Infinity in the palm of your hand
And Eternity in an hour. »
William Blake, Auguries of Innocence
Voici à gauche, au creux d’un vieil arbre, l'un de ces étonnants microcosmes où prolifère la vie : mousses, champignons, petites pousses… sans oublier tous ces minuscules êtres vivants qu’on ne voit pas, mais qui sont là, par milliers, par millions, dans le mystère de leur discret cantique.
Un concours d’écriture dont l’un des buts est de célébrer la nature, et l’arbre en particulier, Écrire l'arbre - Concours public d’écriture, invite « à soumettre un texte consacré à un arbre réel qui pousse sur le sol québécois et avec lequel vous entretenez un lien privilégié, ou que vous souhaitez spécialement mettre en valeur. » On demande aussi de joindre une photographie de l'arbre en question.
Les personnes intéressées ont jusqu’au 1er décembre 2022 pour soumettre leurs textes. J’ignore si ce concours se répétera au cours des années suivantes. Pour davantage d'informations, cliquez ici.
Voici d'ailleurs un poème dédié à l'un de ces trois mille milliards d'arbres qui peuplent notre Terre :
« À un vieil arbre
Tu réveilles en moi des souvenirs confus.
Je t’ai vu, n’est-ce pas ? moins triste et moins modeste.
Ta tête sous l’orage avait un noble geste,
Et l’amour se cachait dans tes rameaux touffus.
D’autres, autour de toi, comme de riches fûts,
Poussaient leurs troncs noueux vers la voûte céleste.
Ils sont tombés, et rien de leur beauté ne reste;
Et toi-même, aujourd’hui, sait-on ce que tu fus ?
Ô vieil arbre tremblant dans ton écorce grise;
Sens-tu couler encore une sève qui grise ?
Les oiseaux chantent-ils sur tes rameaux gercés ?
Moi, je suis un vieil arbre oublié dans la plaine,
Et, pour tromper l’ennui dont ma pauvre âme est pleine,
J’aime à me souvenir des nids que j’ai bercés. »
Pamphile Le May
Et pour terminer, de Georg Friedrich Händel écoutons cet air magnifique qui chante la douceur de l'ombre d'un arbre : « Ombra mai fu ».
dimanche 24 juillet 2022
canicule
(→ dans la tempête qui nous porte, p. 81)
Sous le ciel bleu d’été, voici venue la canicule, pesante, engluante de sueur et d’odeurs¹. On vit au ralenti, on cherche l’ombre, on s’hydrate, et les climatiseurs qui ronronnent, jour et nuit. Mais… d’où vient ce mot, canicule ?
Hé bien, sans surprise, le mot vient du latin, de canicula, qui signifie « petite chienne » (on y reconnaît canis (« chien ») et le suffixe ‑cule, associé à l’idée de petitesse, comme dans pellicule (« petite peau »), particule (« petite partie »), forficule (« petits ciseaux ») etc.).
Alors ? bien beau tout ça mais quel lien entre une période de chaleur extrême et une petite chienne (qui a chaud oui, mais ni plus ni moins que vous et moi) ?
Pour comprendre, remontons le temps, remontons jusqu’à l’antiquité et allons faire un petit tour sur les rives du Nil un matin d’été très particulier. À l’aube de ce jour, on peut enfin apercevoir pour la première fois de l’année, l’étoile Sopdet se lever juste avant le Soleil. Cet événement astronomique, le lever héliaque de Sopdet, coïncide avec le début de la crue du Nil, pendant la période la plus chaude de l’année.
L’étoile Sopdet, ou en grec Σῶθις (Sothis), se nomme aujourd’hui Sirius, du grec Σείριος (Seirios, signifiant « ardent »), qui était le nom du chien d’Orion dans la mythologie. Or Sirius, l’étoile la plus brillante vue de la Terre (après le Soleil), se trouve dans la constellation du Grand Chien, proche de la constellation d’Orion. Dans la même région du ciel se trouve aussi la constellation du Petit Chien.
| © Stellarium |
Et c’est ainsi que, par un concours des circonstances astronomiques, hydrologiques, climatiques, mythologiques et… linguistiques bien sûr, le mot canicule en est venu à désigner une période de chaleur extrême.
1 – d’un autre côté, la canicule peut offrir une caressante sensation, comme dans le poème luciole
(→ dans la tempête qui nous porte, p. 66; → noce, p. 33).
lundi 13 juin 2022
une odeur de menthe
« Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme »
Arthur Rimbaud, Sensation
Juin, un dimanche après-midi. Je roule en vélo¹. Après avoir longé le terrain de golf sur Saint-Omer, je tourne à gauche sur des Forts. Ici, on se sent un peu à la campagne. La vue est assez dégagée à droite, ça donne l'occasion de contempler tous ces magnifiques cumulus au loin, bien blancs sous le soleil.
Au bout de trois kilomètres, je croise deux voies ferrées et, presque aussitôt, à droite, voici la piste cyclable que je cherchais, celle qui passe dans les bois et les champs. Je m'y engage. La ville semble bien loin sur ce mince chemin entre les arbres…
Mais, après quelques minutes… c'est quoi ce bruit, cette rumeur, ce grondement ? et, bizarre, il fait plus chaud… ah, j'ai saisis : on va passer au-dessus de l'autoroute 20, sur la passerelle Harlaka (quelle bonne idée cette passerelle ! merci à celles et ceux qui l'ont pensée et réalisée). Toutefois je ne comprends pas pourquoi autant de cyclistes s'arrêtent là… « Pour regarder passer les chars pis les trucks ? Pour sentir la bonne odeur des exhausts ? Coudon ! vous vous ennuyez-tu tant que ça du trafic ?! »
Je continue. Le bruit de l'autoroute disparaît. Voici de nouveau la petite forêt, avec cette soudaine fraîcheur de l'air. Je m'arrête, débarque, enlève mon casque. Ça sent la menthe, la pénombre du sous-bois se mêle à la lumière, les oiseaux chantent, les insectes, tout bruisse… Ah ! tant de vie ! tant de vie !!
1 – pour voir la route suivie et quelques photographies prises sur la piste cyclable, cliquez ici
lundi 31 janvier 2022
« souviens-toi ces étés d’autrefois »
(→ dans la tempête qui nous porte, p. 86)
« О моя юность ! о моя свежесть ! »¹
Nicolas Vassiliévitch Gogol, Les âmes mortes
| illustration
tirée de Half Hours with Insects par A. S. Packard Jr. |
| l'auteur
vers 10 ou 11 ans par Louise Carrier |
| paysage (détail) par Sesshū Tōyō |
Et bien des années plus tard, voilà une bribe de ces souvenirs qui ressurgit, dans un tout petit poème proche d’un haïku².
1 – « Ô ma jeunesse ! ô ma fraîcheur ! »
2 – poème comptant trois vers de cinq, sept et cinq syllabes
samedi 29 janvier 2022
enfance
vendredi 28 janvier 2022
comme un chien
(→ dans la tempête qui nous porte, p. 22‑25; → cinq poèmes à dire, p. 16‑17, 26‑27)
| Hounds or Gone to Ground par John Emms |
« Je me coucherai sur la terre,
Et je dormirai comme un chien ! »
Charles Baudelaire, Le vin de l’assassin
« Lo tems vai e ven e vire
Per jorns, per mes e per ans,
Et eu, las no·n sai que dire,
C’ades es us mos talans.
Ades es us e no·s muda,
C’una·n volh e·n ai volguda,
Don anc non aic jauzimen. »¹
Bernart de Ventadorn
Évidemment la poésie n’est pas que doux sentiments, meubles luisants et parfums fleuris. Relisez le poème Une charogne de Baudelaire, avec « Le soleil rayonnait sur cette pourriture », avec « Et le ciel regardait la carcasse superbe / Comme une fleur s’épanouir. / La puanteur était si forte, que sur l’herbe / Vous crûtes vous évanouir. » Ou ces autres vers des Fleurs du mal : « Si vous la rencontrez, bizarrement parée, / […] / Traînant dans les ruisseaux un talon déchaussé ». Et on pourrait continuer.
Je me souviens quand notre chatte Onyx était en chaleur, il y avait cinq ou six matous autour de la maison (ça grimpait jusque sur le toit; en pleine nuit, on pouvait soudain apercevoir un chat dehors le nez collé sur la vitre d’une lucarne). Vraiment pour eux ils n’y avaient que ça ! Et ils pissaient un peu partout, sur les arbres, sur les galeries, sur les portes, même chez les voisins (qui n’appréciaient vraiment mais vraiment pas !). Et elle savait s’y prendre Onyx pour les faire languir, en allant jusqu’à s’asseoir au sommet du poteau de corde à linge (comment voulez-vous qu’un chat s’y prenne !? inquiétez-vous pas, elle va redescendre). Parfois on en voyait un obtenir enfin ce qu’il voulait. Et le lendemain l’heureux élu, apaisé, avait disparu. Mais ça ne s’arrêtait là, non, allez ! au suivant ! Puis une fois la fête terminée, le calme revenait et, peu de temps après, la petite bedaine d’Onyx commençait à grossir. Les humains eux… pas besoin de faire un dessin… parfois ils sont comme des chats, comme des chiens… entièrement gouvernés par leurs émotions…
Pour conclure, une remarque technique : comme le poème tout’ tourn’ traité dans un précédent article, comme un chien adopte à quelques détails près la forme ballade.
1 – « Le temps va et vient et vire / Par jours, par mois et par ans, / Et moi, hélas je ne sais quoi dire, / Il demeure le même mon désir. / Il demeure le même et ne change pas, / Je la veux comme je la voulais, / Elle avec qui jamais je n’ai joui. »


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