« Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme »
Arthur Rimbaud, Sensation
Juin, un dimanche après-midi. Je roule en vélo¹. Après avoir longé le terrain de golf sur Saint-Omer, je tourne à gauche sur des Forts. Ici, on se sent un peu à la campagne. La vue est assez dégagée à droite, ça donne l'occasion de contempler tous ces magnifiques cumulus au loin, bien blancs sous le soleil.
Au bout de trois kilomètres, je croise deux voies ferrées et, presque aussitôt, à droite, voici la piste cyclable que je cherchais, celle qui passe dans les bois et les champs. Je m'y engage. La ville semble bien loin sur ce mince chemin entre les arbres…
Mais, après quelques minutes… c'est quoi ce bruit, cette rumeur, ce grondement ? et, bizarre, il fait plus chaud… ah, j'ai saisis : on va passer au-dessus de l'autoroute 20, sur la passerelle Harlaka (quelle bonne idée cette passerelle ! merci à celles et ceux qui l'ont pensée et réalisée). Toutefois je ne comprends pas pourquoi autant de cyclistes s'arrêtent là… « Pour regarder passer les chars pis les trucks ? Pour sentir la bonne odeur des exhausts ? Coudon ! vous vous ennuyez-tu tant que ça du trafic ?! »
Je continue. Le bruit de l'autoroute disparaît. Voici de nouveau la petite forêt, avec cette soudaine fraîcheur de l'air. Je m'arrête, débarque, enlève mon casque. Ça sent la menthe, la pénombre du sous-bois se mêle à la lumière, les oiseaux chantent, les insectes, tout bruisse… Ah ! tant de vie ! tant de vie !!
1 – pour voir la route suivie et quelques photographies prises sur la piste cyclable, cliquez ici
5 commentaires:
Quoi de plus agréable que de faire du vélo et de se fondre à l'environnement.
Une belle randonnée! Avec les sens en éveil pour goûter la "fraîcheur de l'air", l'odeur de la menthe, l'ombre et la lumière, les chants d'oiseaux. Ça invite à se promener dans la nature, à s'arrêter, à prendre le temps pour savourer tout ça.
♣
Marie
en effet, et ça me donne envie d'y retourner
Et aussi, quelle belle citation du poème "Sensation" de Rimbaud!
☺
Marie
voici le poème complet d'où est tirée la citation en exergue :
« Sensation
Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, – heureux comme avec une femme. »
Arthur Rimbaud
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