(→ dans la tempête qui nous porte, p. 22‑25; → cinq poèmes à dire, p. 16‑17, 26‑27)
| Hounds or Gone to Ground par John Emms |
« Je me coucherai sur la terre,
Et je dormirai comme un chien ! »
Charles Baudelaire, Le vin de l’assassin
« Lo tems vai e ven e vire
Per jorns, per mes e per ans,
Et eu, las no.n sai que dire,
C’ades es us mos talans.
Ades es us e no.s muda,
C’una.n volh e.n ai volguda,
Don anc non aic jauzimen. »¹
Bernart de Ventadorn
Évidemment la poésie n’est pas que doux sentiments, meubles luisants et parfums fleuris. Relisez le poème Une charogne de Baudelaire, avec « Le soleil rayonnait sur cette pourriture », avec « Et le ciel regardait la carcasse superbe / Comme une fleur s’épanouir. / La puanteur était si forte, que sur l’herbe / Vous crûtes vous évanouir. » Ou ces autres vers des Fleurs du mal : « Si vous la rencontrez, bizarrement parée, / […] / Traînant dans les ruisseaux un talon déchaussé ». Et on pourrait continuer.
Je me souviens quand notre chatte Onyx était en chaleur, il y avait cinq ou six matous autour de la maison (ça grimpait jusque sur le toit; en pleine nuit, on pouvait soudain apercevoir un chat dehors le nez collé sur la vitre d’une lucarne). Vraiment pour eux ils n’y avaient que ça ! Et ils pissaient un peu partout, sur les arbres, sur les galeries, sur les portes, même chez les voisins (qui n’appréciaient vraiment mais vraiment pas !). Et elle savait s’y prendre Onyx pour les faire languir, en allant jusqu’à s’asseoir au sommet du poteau de corde à linge (comment voulez-vous qu’un chat s’y prenne !? inquiétez-vous pas, elle va redescendre). Parfois on en voyait un obtenir enfin ce qu’il voulait. Et le lendemain l’heureux élu, apaisé, avait disparu. Mais ça ne s’arrêtait là, non, allez ! au suivant ! Puis une fois la fête terminée, le calme revenait et, peu de temps après, la petite bedaine d’Onyx commençait à grossir. Les humains eux… pas besoin de faire un dessin… parfois ils sont comme des chats, comme des chiens… entièrement gouvernés par leurs émotions…
Pour conclure, une remarque technique : comme le poème tout’ tourn’ traité dans un précédent article, comme un chien adopte à quelques détails près la forme ballade.
1 – « le temps va et vient et vire / par jours, par mois et par ans / et moi hélas je ne sais quoi dire / il demeure le même mon désir / il demeure le même et ne change pas / je la veux comme je la voulais / elle avec qui jamais je n’ai joui »
2 commentaires:
Beaux choix de peintures et illustrations, tout particulièrement la peinture avec les chiens est très à mon goût.
merci
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